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Une semaine sans écran, le récit

Scroller, swiper, binger : un réflexe devenu une seconde nature, mais à quel prix ? Tandis que les députés ont voté l’interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, une question s'impose : sommes-nous encore capables de débrancher ? À Lyon, Coralie, étudiante, a relevé le défi : une semaine de déconnexion totale. Récit d’un sevrage en terre numérique.

La difficulté de vivre sans écran dans un environnement inadapté 

Motivée par ce challenge, Coralie n’a pas hésité à enlever ses applications sur son smartphone, elle a été tentée de binge-watcher la première soirée, mais "promis, c'était la seule fois" m'a t-elle confiée avec humour. C’est au lendemain, à la pause déjeuner que les choses se sont compliquées : “Ce qui est un peu dur, c’est qu’il n’y a rien à regarder lorsque je mange, c’est un peu déstabilisant en vrai.” Concentrée sur ses études et son job étudiant, elle a effectivement pris l’habitude de manger devant la télé. Un rituel partagé par plus d’un Français sur quatre qui a déclaré avoir cette habitude selon le premier volet de l’Observatoire. Un sujet qui inquiète toujours les experts de la santé.

Des objets disparus du quotidien 

Dans son appartement lyonnais, Coralie possède plusieurs objets, dont une télé, un ordinateur; en revanche il n'y a ni radio, ni tout autre objet vintage sans écran. Une réelle problématique pour ce défi, elle ne pouvait donc pas écouter de musique non plus, car tout était soit sur son ordi, soit sur son téléphone. Le téléphone fixe, le poste de radio, les livres, des objets qui ont disparu de notre environnement en raison de la promesse qu’un téléphone pourrait devenir à la fois un outil de travail, de communication et de divertissement. 

Notre rapport avec le temps libre

“Le dimanche, c’est aussi dur sans divertissement.” La jeune femme a aussi dû dépasser son temps d’écran, elle a dû appeler sa famille proche. Pourtant ce jour a longtemps été perçu comme un jour de repos, il est devenu de plus en plus un jour corvéable : faire des réservations pour les futures sorties, faire son planning de la semaine, des petites tâches qui transforment le téléphone en véritable outil de travail. Elle a également évoqué un cours de danse où il y avait un écran de télé dans la salle : “C'est un peu dur de détourner les yeux.”

Vivre sans écran est un défi de taille, particulièrement dans les grandes villes où tout est numérisé. Il est pourtant possible de diminuer son temps d’écran de façon individuelle afin de réapprendre à apprécier des moments simples, comme le calme d'un dimanche ou le partage d'un bon repas.

Valérie Boyer